Dans le quotidien des Cubains – Illustrations photographiques

Photographe de presse à Lille, j’ai réalisé en février 2020 une immersion de trois semaines à La Havane, à Cuba. J’y ai photographié le quotidien des habitants dans les rues, les quartiers, les marchés et les espaces publics de la capitale, mais également certaines activités observées en dehors de La Havane.

Cette série de photographie documentaire et de street photography montre Cuba à travers des situations concrètes : déplacements, pénurie de carburant, commerces de rue, agriculture, habitat, rencontres et initiatives communautaires.

La Havane en février 2020 : photographier la vie quotidienne

À La Havane, la rue occupe une place centrale dans la vie quotidienne.

Sur le Malecón, le front de mer de la capitale cubaine, les habitants se retrouvent pour discuter, pêcher, marcher ou simplement rester face à la mer.

Dans les quartiers, façades anciennes, immeubles habités, commerces, véhicules et scènes de rue composent un paysage urbain constamment occupé.

Les voitures américaines des années 1950, toujours utilisées à Cuba, font partie de cet environnement. Je les photographie non comme des objets nostalgiques, mais comme des véhicules encore intégrés aux déplacements quotidiens.

Pénurie de carburant et transports à La Havane

Lors de mon séjour en février 2020, Cuba connaît des difficultés d’approvisionnement en carburant.

Les conséquences sont directement visibles dans les rues de La Havane : files d’attente devant les stations-service, véhicules immobilisés et perturbations des transports.

Je photographie ces attentes et les tensions qu’elles peuvent provoquer lorsqu’une station ne dispose plus de carburant.

Les États-Unis appliquent à Cuba un embargo commercial généralisé depuis 1962, auquel se sont ajoutées au fil des décennies différentes sanctions et restrictions. La situation économique cubaine résulte cependant de plusieurs facteurs ; mon reportage documente d’abord leurs conséquences visibles dans la vie quotidienne, sans attribuer chaque situation observée à une cause unique. Bureau de l’Historien

Agriculture et travail dans les campagnes cubaines

En dehors de La Havane, je photographie également des activités agricoles.

Lorsque les moyens mécaniques sont indisponibles ou difficiles à utiliser, certains agriculteurs ont recours à la traction animale avec des bœufs.

Ces scènes montrent concrètement les moyens utilisés pour continuer à travailler malgré des ressources matérielles parfois limitées.

L’image d’un agriculteur conduisant ses bœufs ne constitue donc pas pour moi un symbole abstrait de « résilience », mais le document d’une pratique agricole effectivement observée sur le terrain.

Marchés, commerces et rues de La Havane

Dans les rues et les petits marchés de La Havane, je photographie les vendeurs, les clients, les produits alimentaires et les objets proposés.

Fruits, légumes, produits du quotidien et petites activités commerciales occupent une partie de l’espace public.

Un homme rencontré avec une cage de pigeons constitue l’une de ces scènes. Ces oiseaux peuvent avoir différents usages ; plutôt que de leur attribuer une destination sans certitude, la photographie documente avant tout l’homme, les animaux et leur présence dans la rue.

Portraits et scènes de rue à La Havane

Les habitants sont au centre de cette série.

Je photographie les personnes devant leur maison, dans les rues, sur le Malecón, dans les commerces ou au cours de leurs activités quotidiennes.

Ces portraits ne cherchent pas à représenter « le Cubain » de manière générale. Ils constituent des rencontres individuelles réalisées pendant trois semaines de reportage à La Havane.

Cette approche rejoint mon travail de street photography à Lille et ailleurs, fondé sur l’observation des comportements, des interactions et de l’espace public.

Mabel Cedeño Pérez : art, éducation et action communautaire

Parmi les personnes rencontrées figure Mabel Cedeño Pérez, dont le parcours associe théâtre, éducation, psychologie et action communautaire.

Selon le parcours qu’elle me relate, elle découvre dès l’enfance le théâtre avec La Colmenita (« La Petite Ruche »), troupe cubaine destinée aux enfants.

Cette expérience marque durablement son travail auprès des jeunes.

La Colmenita de Boyeros et l’inclusion par le théâtre

Mabel poursuit son engagement dans La Colmenita de Boyeros, liée au projet créé par Carlos Alberto « Tin » Cremata.

Son travail associe création artistique, enfants et action communautaire, notamment autour de l’École Spéciale de Solidarité avec le Panama.

Le théâtre devient pour elle un moyen de créer des relations entre enfants et d’accompagner leur participation à la vie collective.

De l’enseignement artistique à la psychologie

Mabel m’explique avoir obtenu en 2006 un diplôme de professeur d’art à l’Institut José Varona, avant de poursuivre des études de psychologie.

Elle développe ensuite Raíces del Caguairán, un projet communautaire destiné notamment aux enfants et aux adolescents.

Son parcours constitue dans cette série un exemple précis de la place que peuvent prendre les initiatives culturelles et éducatives dans un quartier de La Havane.

Une action poursuivie pendant le Covid-19

Après mon reportage de février 2020, la pandémie de Covid-19 touche également Cuba.

Mabel poursuit alors son activité d’accompagnement, notamment à distance, en utilisant les outils numériques et les pratiques artistiques dans un contexte d’isolement sanitaire.

Cette partie de son parcours prolonge le portrait commencé lors de notre rencontre à La Havane.

Cuba : documenter plutôt que généraliser

Cette série ne cherche pas à présenter une vision globale de la société cubaine à partir de quelques semaines de présence.

Elle documente des personnes et des situations précises observées en février 2020 : circulation dans La Havane, pénuries, marchés, agriculture, habitat, vie de rue et initiatives communautaires.

Cette distinction est importante dans mon travail de photojournaliste : décrire ce qui est effectivement observé, identifier les personnes et les lieux lorsque cela est possible, et éviter de transformer une scène particulière en généralité sur toute une population.

Cet instant montre des scènes de vie observées à Cuba. Il complète mes séries instantanées et s’inscrit dans mes reportages documentaires. Il fait partie de mon travail photographique global. Pour toute demande professionnelle, vous pouvez prendre contact. Cette série peut être mise en relation avec d’autres scènes de vie à Cuba, ainsi qu’avec des sujets sur les conditions de vie locales et les pratiques culturelles cubaines.

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