Dans le quotidien des Cubains – Illustrations photographiques

Photojournaliste basé à Lille, j’ai réalisé en février 2020 une immersion de trois semaines à La Havane, à Cuba. Dans les rues, les marchés et les quartiers de la capitale, j’ai photographié les déplacements, les commerces, les conditions de logement et les initiatives communautaires. La série comprend également des scènes de travail agricole observées en dehors de La Havane.

Ce travail associe photographie documentaire, scènes de rue et témoignages. Parmi les personnes rencontrées, Mabel Cedeño Pérez raconte son engagement dans le théâtre et l’éducation, Marta évoque les difficultés d’approvisionnement et le Dr Ramos explique pourquoi il complète ses revenus en travaillant dans un parking.

La Havane en février 2020 : rues, commerces et rencontres

Sur le Malecón, le front de mer de La Havane, les habitants viennent discuter, pêcher ou marcher. Dans Habana Vieja, la vieille ville, les activités quotidiennes se déroulent entre commerces, immeubles habités et bâtiments dégradés.

Près du Capitole, une marchande ambulante propose ses produits. Dans une rue voisine, des gravats sont tamisés pour récupérer du sable. Un commerçant attend les clients à l’entrée de son magasin. Ces scènes montrent différents usages d’un même quartier : vendre, travailler, se déplacer et habiter.

La musique occupe également la rue. Carlos chante Chan Chan, une chanson de Compay Segundo. Cette rencontre rejoint mon portrait du musicien cubain Eduardo Sardiñas, réalisé à La Havane pendant le même séjour.

Les voitures américaines anciennes restent présentes dans la circulation. Certaines servent de taxis, d’autres transportent des visiteurs. Sur un parking près du Capitole, le Dr Ramos, 35 ans au moment de notre rencontre, me dit être médecin et exercer aussi comme voiturier. Il explique que les pourboires complètent un salaire qu’il juge insuffisant pour vivre. Son récit témoigne de sa situation personnelle en février 2020.

Cette observation des activités et des interactions dans la rue prolonge mon travail de street photography à Lille et ailleurs.

Approvisionnement et déplacements à La Havane

Pendant mon séjour, les difficultés d’approvisionnement en carburant se traduisent par des files d’attente devant les stations-service. Les déplacements sont également marqués par l’attente des bus et l’affluence à bord.

Devant les commerces alimentaires, l’arrivée d’une livraison provoque rapidement une queue. Je photographie notamment des habitants venus acheter du poulet et des produits d’hygiène.

Marta, une habitante de La Havane âgée de 46 ans, est rencontrée après l’arrivée de savon dans un magasin. Elle insiste sur la solidarité entre habitants face aux difficultés économiques. Son témoignage accompagne une scène précise : celle d’un approvisionnement attendu et des personnes rassemblées pour effectuer leurs achats.

Ces observations s’inscrivent dans une histoire économique complexe. Les États-Unis ont annoncé un embargo commercial contre Cuba en février 1962, comme le rapporte un document du Bureau de l’Historien du département d’État américain. Cette référence éclaire le contexte historique ; elle ne suffit pas à expliquer chaque pénurie photographiée en 2020.

Travail agricole hors de La Havane

En dehors de la capitale, j’ai photographié un agriculteur travaillant avec des bœufs utilisés pour la traction animale.

L’image documente un geste de travail et les moyens employés sur cette exploitation. Sans témoignage complémentaire, elle ne permet pas d’établir pourquoi l’agriculteur utilise des animaux plutôt qu’un engin mécanique.

Dans La Havane, les chariots de fruits et légumes, les étals et les vendeurs montrent une autre étape de l’activité alimentaire : la distribution et la vente dans l’espace urbain.

Ces photographies complètent mon reportage consacré à l’apithérapie et à l’apiculture à Cuba, réalisé autour des pratiques et des usages des produits de la ruche.

Mabel Cedeño Pérez : théâtre, éducation et action communautaire

À La Havane, je rencontre Mabel Cedeño Pérez, 37 ans en février 2020. Elle me raconte un parcours associant théâtre, enseignement artistique, psychologie et projets communautaires auprès des enfants et des adolescents.

La Colmenita de Boyeros et le travail auprès des enfants

Selon son récit, Mabel découvre le théâtre dès l’enfance avec La Colmenita, une troupe cubaine destinée aux enfants.

Elle poursuit son engagement dans La Colmenita de Boyeros, liée au projet créé par Carlos Alberto « Tin » Cremata. Elle évoque également son travail autour de l’établissement Solidaridad con Panamá, qui accueille des enfants en situation de handicap.

Dans son parcours, la pratique artistique constitue un moyen de faire participer les enfants à des activités collectives et de créer des relations entre eux.

Formation et projet Raíces del Caguairán

Mabel m’explique avoir obtenu en 2006 un diplôme d’enseignement artistique à l’Institut José Varona, avant de poursuivre des études de psychologie.

Elle me présente également Raíces del Caguairán, un projet communautaire destiné notamment aux enfants et aux adolescents.

Ces éléments sont issus du témoignage recueilli lors de notre rencontre. Ils donnent une place dans la série aux initiatives éducatives et culturelles portées par les habitants.

Habitat et vie quotidienne dans Habana Vieja

Les photographies réalisées dans Habana Vieja en février 2020 montrent aussi l’état des bâtiments : façades dégradées, constructions habitées et travaux de récupération de matériaux.

Dans ces rues, logement, commerce et travail se côtoient. Les portraits et les scènes quotidiennes permettent de documenter les habitants dans leurs activités, au-delà des seules difficultés matérielles.

Ce sujet peut être rapproché de mon reportage sur l’habitat au bord de la voie ferrée à Tuol Kok, à Phnom Penh. Les deux séries observent la manière dont les habitants organisent leur quotidien dans des espaces urbains contraints, dans des contextes distincts.

Cette série cubaine fait partie de mes chroniques photographiques Instants et de mon portfolio documentaire. Elle complète mes reportages consacrés aux questions de société.

Pour une publication, une recherche iconographique ou une commande éditoriale consacrée à Cuba, à La Havane ou à la vie quotidienne, vous pouvez me contacter directement.

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Photographies