Reportage photo journalistique – SNSM Dunkerque et sauvetage en mer
Photojournaliste à Lille, j’ai réalisé en 2025 une immersion d’une semaine auprès des sauveteurs bénévoles de la station SNSM de Dunkerque. Cette série comprend des prises de vue datées de mars et avril 2025.
Le reportage documente le quotidien de l’équipage, les entraînements, l’entretien du matériel et l’organisation du sauvetage en mer du Nord.
À Dunkerque, le secours repose sur des bénévoles formés, capables de quitter leur activité professionnelle ou familiale lorsqu’une alerte est déclenchée. Leur disponibilité et leur préparation permettent de maintenir une capacité d’intervention tout au long de l’année.
SNSM Dunkerque : une équipe de sauveteurs bénévoles
La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) intervient auprès des personnes en danger en mer et sur le littoral. À Dunkerque, les bénévoles assurent les opérations de secours, mais aussi la formation, la maintenance et une partie du fonctionnement de la station.
Emmanuel Pelletier, âgé de 57 ans au moment du reportage, est l’un des patrons du SNS 087 Jean Bart II, canot tous temps de la station.
Les équipiers occupent différents rôles : patron, mécanicien, nageur de bord, secouriste ou équipier de pont. La confiance et la connaissance des gestes de chacun sont essentielles lorsque les conditions de mer compliquent une intervention.
Les sauveteurs décrivent souvent leur équipage comme une « deuxième famille ». Le reportage montre cette cohésion pendant les exercices, les travaux d’entretien et les échanges à la station.
Environ 25 interventions par an au moment du reportage
Selon les informations recueillies pendant mon terrain en 2025, la station réalisait en moyenne 25 interventions par an. Ce chiffre décrit l’activité évoquée par les sauveteurs au moment du reportage ; il ne constitue pas un bilan annuel actualisé.
Les missions concernent notamment les plaisanciers en difficulté, les pannes moteur, les recherches en mer, les personnes tombées à l’eau et des opérations impliquant des personnes migrantes tentant de rejoindre le Royaume-Uni.
Une opération racontée par les sauveteurs illustre les difficultés rencontrées : seize personnes récupérées dans une mer formée, avec environ trois mètres de creux. Ce récit d’intervention est distinct des exercices photographiés pendant mon immersion.
Le CROSS : recevoir l’alerte et coordonner le sauvetage
CROSS signifie Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage. Ces centres reçoivent les alertes et coordonnent les opérations de recherche et de sauvetage en mer.
Pour le secteur de Dunkerque, le CROSS Gris-Nez, situé à Audinghen, dans le Pas-de-Calais, joue un rôle central dans cette coordination.
Il évalue la situation, mobilise les moyens adaptés et suit le déroulement de l’opération. Selon les besoins, il peut solliciter la SNSM et d’autres moyens maritimes ou aériens.
Lorsqu’elle est engagée, la station de Dunkerque rassemble son équipage et prépare le départ. Le patron conduit le canot et les manœuvres de son équipage dans le cadre de l’opération coordonnée par le CROSS.
Cette organisation distingue deux fonctions complémentaires : la coordination du secours depuis le CROSS et l’intervention des sauveteurs sur le terrain.
Formation, exercices et préparation du bateau
Les interventions ne représentent qu’une partie de l’engagement des bénévoles.
Les sauveteurs suivent une formation continue et s’entraînent au remorquage, à la récupération d’une personne à la mer, au secourisme, à la navigation et aux interventions nocturnes.
La série comprend notamment des photographies d’entraînements datées du 1er mars et du 5 avril 2025. Elles montrent l’équipement des bénévoles, les recherches, les manœuvres de récupération et les échanges après la sortie.
Les scènes d’exercice sont présentées comme telles dans les légendes. Elles permettent de comprendre les gestes du sauvetage sans les confondre avec une intervention réelle.
Les moteurs, les radios, les gilets, les équipements de sécurité et les moyens de navigation font également l’objet de contrôles. Le matériel doit rester opérationnel pour protéger l’équipage et les personnes secourues.
Sauvetage en mer et traversées migratoires
À Dunkerque, les bénévoles interviennent aussi auprès d’embarcations transportant de nombreuses personnes migrantes.
Ces opérations peuvent cumuler plusieurs difficultés : hypothermie, présence d’enfants, nombre élevé de personnes à récupérer et problèmes de communication.
La station a adapté certains équipements. La SNSM présente notamment une rampe gonflable destinée à faciliter la récupération de nombreuses personnes à Dunkerque.
Pour les sauveteurs, la mission reste de porter secours à toute personne en danger en mer.
La question migratoire apparaît également dans mon reportage sur l’intégration des migrants par l’apiculture, consacré à la formation, au travail et aux liens sociaux après l’arrivée en France.
Financer le fonctionnement de la station
Au moment du reportage, les responsables évoquaient un besoin annuel d’environ 80 000 euros pour faire fonctionner la station.
Ce montant concerne notamment le carburant, l’entretien du canot, les réparations, les équipements et la formation. Il correspond aux informations recueillies pendant le terrain, et non à un budget actuel certifié.
La SNSM s’appuie sur les dons, le mécénat, les soutiens publics et les initiatives locales. Son financement est présenté dans ses rapports annuels.
À Dunkerque, le reportage montre également les liens entre la station et la vie locale, notamment les initiatives organisées autour du carnaval pour contribuer au financement des secours.
La SNSM en France : les chiffres officiels de 2024
Le rapport annuel 2024 de la SNSM recense 10 000 bénévoles et 32 327 personnes prises en charge au cours de 10 000 interventions, toutes activités opérationnelles confondues.
Le bilan distingue trois catégories :
- Sauvetages en mer : 5 693 interventions et 11 056 personnes prises en charge.
- Postes de secours sur les plages : 2 612 interventions et 15 766 personnes prises en charge.
- Missions de sécurité civile : 1 695 interventions et 5 505 personnes prises en charge.
Les 10 000 interventions ne correspondent donc pas uniquement à des sorties de sauvetage en mer. Elles réunissent les secours en mer, sur les plages et les interventions de sécurité civile.
Ces données nationales concernent l’année 2024. Elles sont distinctes des informations locales recueillies à Dunkerque pendant mon reportage de 2025.
Photographier ceux qui portent secours
J’ai photographié les bénévoles dans les différentes dimensions de leur engagement : préparation du bateau, exercices, entretien, disponibilité et vie collective.
Le reportage montre le travail qui précède une intervention et se poursuit après le retour à quai. Les échanges, les vérifications et la formation participent à la capacité de l’équipage à agir dans l’urgence.
Cette approche s’inscrit dans mes reportages consacrés aux questions de société et aux engagements humains.
Publié dans le Livre DR #5
Ce reportage sur les sauveteurs de la SNSM à Dunkerque a été sélectionné et publié dans le Livre DR #5 du Collectif DR.
Cet ouvrage collectif consacré aux mers et aux océans rassemble des récits documentaires sur le sauvetage, les migrations, les activités humaines et les enjeux environnementaux du monde maritime.
Le sujet est également présenté sur le site du Collectif DR sous le titre « À Dunkerque, les sentinelles des mers », avec mes textes et mes photographies.
Il fait partie de mon portfolio documentaire et de mes publications.
Pour une publication, une recherche iconographique ou une commande éditoriale consacrée au sauvetage en mer, au monde maritime, au bénévolat ou aux migrations, vous pouvez me contacter directement.






























