Photo-reportage sur l’intégration de migrants par l’apiculture
Réalisé entre juillet et décembre 2020, ce reportage photojournalistique documente un programme d’intégration sociale et professionnelle de personnes réfugiées par l’apiculture, à Paris et sa banlieue, Lille et Chartres.
Porté notamment par l’association Espero, ce dispositif associe apprentissage technique, travail collectif, transmission et création de liens sociaux autour des ruches.
Mon choix éditorial a été de documenter le côté positif d’une intégration réussie, plutôt que de reprendre uniquement le récit de personnes migrantes laissées sans solution. Le reportage s’intéresse à ce qui permet de reconstruire un parcours : apprendre, travailler, rencontrer, transmettre et retrouver une place dans un collectif.
Ce sujet s’inscrit dans mes reportages consacrés aux transformations de la société et aux parcours humains.
Réfugiés en France : reconstruire un parcours
À leur arrivée en France, les réfugiés et demandeurs d’asile doivent souvent résoudre plusieurs difficultés simultanément : trouver un logement, apprendre le français, comprendre les institutions, accéder à l’emploi et reconstruire un réseau social.
À ces obstacles matériels et administratifs peut s’ajouter l’isolement social.
Le reportage montre comment une activité collective peut agir sur cette dimension moins visible de l’intégration.
Il ne traite donc pas uniquement de migration. Il documente le passage d’une situation de précarité vers un processus d’apprentissage, d’autonomie et d’insertion sociale et professionnelle.
Espero : l’apiculture comme outil d’intégration
À Paris, l’association Espero utilise l’apiculture comme support de formation et d’insertion.
Autour des ruches, les participants apprennent des gestes précis tout en travaillant avec des apiculteurs, des bénévoles et d’autres personnes engagées dans le programme.
Le dispositif repose notamment sur :
- la coopération, indispensable pour intervenir au rucher ;
- le partage d’expériences ;
- l’apprentissage d’un savoir-faire ;
- la création progressive d’un réseau social ;
- l’acquisition de compétences pouvant contribuer à un parcours professionnel.
L’apiculture devient ainsi à la fois une activité à apprendre, un cadre de travail et un espace de socialisation.
Apprendre un savoir-faire autour des ruches
Ouvrir une ruche, manipuler les cadres, observer les abeilles, entretenir le matériel ou participer à la récolte du miel demandent concentration, précision et régularité.
Ces gestes donnent une dimension concrète au parcours d’insertion.
L’apprentissage repose sur une activité réelle, avec ses contraintes, ses responsabilités et ses résultats visibles.
Les apiculteurs expérimentés jouent également un rôle essentiel de transmission, en accompagnant les participants dans la découverte du métier et du fonctionnement d’une colonie d’abeilles.
La photographie permet de rendre visibles ces moments d’apprentissage : les gestes, les regards, l’attention portée aux abeilles et les relations qui se construisent autour du travail.
Le lien social grâce aux abeilles
Au-delà de la formation technique, le rucher devient un lieu de rencontre.
Travailler autour des abeilles oblige à communiquer, se coordonner, observer ensemble et partager les tâches. Dans ces moments, les différences de langue ou de parcours peuvent passer au second plan.
Les participants échangent leurs expériences, développent des relations régulières et trouvent dans le groupe un soutien qui dépasse progressivement l’activité apicole elle-même.
Ce lien social constitue l’un des enjeux centraux de mon reportage.
L’intégration apparaît ainsi non seulement comme une question de logement ou d’emploi, mais aussi comme la possibilité de participer à une activité collective et de créer des relations durables.
Transmission et mentorat
Les apiculteurs expérimentés accompagnent les participants dans l’apprentissage des gestes et du fonctionnement de la ruche.
Cette relation crée une forme de transmission intergénérationnelle et interculturelle.
Le savoir-faire circule entre des personnes qui n’auraient pas nécessairement eu l’occasion de se rencontrer autrement.
Le reportage montre ainsi que l’insertion peut également se construire à travers la transmission, le mentorat et la coopération.
Apiculture, autonomie et insertion professionnelle
Le travail au rucher permet d’acquérir des compétences qui dépassent l’apiculture elle-même : ponctualité, organisation, travail en équipe, autonomie, prise de responsabilité et confiance dans ses capacités.
Ces acquis peuvent contribuer à reconstruire un projet professionnel.
L’apiculture devient alors un levier d’autonomie et d’insertion professionnelle, mais aussi un moyen de retrouver progressivement une place dans la société d’accueil.
Mon reportage ne présente pas l’apiculture comme une solution universelle à l’intégration. Il documente concrètement un dispositif et les relations humaines qu’il rend possibles.
Paris, Lille et Chartres : plusieurs situations d’intégration
Le reportage a été réalisé auprès de réfugiés, de demandeurs d’asile, d’apiculteurs et d’acteurs associatifs rencontrés à Paris et dans sa banlieue, Lille et Chartres.
Ces différents terrains permettent de dépasser l’histoire d’une seule personne ou d’une seule association.
Ils montrent plusieurs étapes du parcours : apprentissage, travail, démarches administratives, vie quotidienne, relations avec les associations et construction progressive d’un réseau.
Les photographies sont accompagnées de témoignages recueillis auprès des personnes concernées afin de replacer chaque situation dans son contexte.
Abeilles, biodiversité et société
Ce sujet relie plusieurs axes de mon travail : migration, insertion, travail, apiculture et biodiversité.
L’abeille est ici à la fois un support d’apprentissage et un point d’entrée vers les questions liées au vivant et à l’environnement urbain.
Cette dimension fait écho à mon reportage sur l’apiculture et la biodiversité au sein de la Légion étrangère ainsi qu’à celui consacré à l’apithérapie et à l’apiculture biologique à Cuba.
Ces différents travaux abordent l’apiculture sous plusieurs angles : insertion sociale, transmission, santé et protection du vivant.
Photographier une intégration réussie
J’ai volontairement choisi de ne pas réduire les personnes photographiées à leur statut de migrant ou de réfugié.
Je les photographie en train d’apprendre, de travailler, d’échanger, de transmettre et de construire un nouveau quotidien.
La photographie permet ici de montrer concrètement ce que peut recouvrir le mot « intégration » : des gestes, des apprentissages, des relations de travail, des difficultés, mais aussi des trajectoires individuelles et des réussites.
Cette approche rejoint mes autres reportages photojournalistiques consacrés aux mutations de la société, notamment mon travail sur l’e-sport professionnel et mon immersion auprès des sauveteurs bénévoles de la SNSM à Dunkerque.
Un Coup de cœur ANI à Visa pour l’Image 2022
Ce reportage sur l’intégration des migrants par l’apiculture a reçu un Coup de cœur de l’Association nationale des iconographes (ANI) lors des lectures de portfolios de Visa pour l’Image 2022 à Perpignan.
Cette distinction constitue une reconnaissance professionnelle de ce travail documentaire consacré aux réfugiés, à l’insertion, au travail et au lien social.
Elle s’inscrit dans la continuité des autres reconnaissances reçues par mes reportages lors des lectures ANI de Visa pour l’Image.
Publié dans le Livre DR #1 du Collectif DR
Le reportage a également été sélectionné et publié dans le Livre DR #1 du Collectif DR.
Ce premier ouvrage collectif consacré au photojournalisme documentaire rassemble différents récits réalisés par les photographes du Collectif DR. La présentation du livre mentionne notamment parmi les histoires proposées le fait d’« apprendre à faire du miel avec des migrants ».
Cette publication inscrit le reportage dans un travail collectif consacré aux transformations sociales contemporaines et aux récits documentaires de terrain.
Le sujet est également présenté sur le site du Collectif DR sous le titre « L’apiculture urbaine au service des migrants ».
Des photographies reprises par la presse
Plusieurs photographies issues de cette série ont ensuite été utilisées par des médias pour illustrer des articles consacrés à l’immigration, au travail, à l’insertion et à l’apiculture.
Une photographie d’un travailleur dans un restaurant parisien a notamment été publiée par La Tribune dans un article consacré au projet de loi immigration et aux métiers en tension.
Une autre image de la série a été publiée par Syndicalisme Hebdo / CFDT, avec le crédit Guy Leroy / Collectif DR.
Des photographies issues de ce travail ont également été publiées par La Croix, Libération et CFDT Magazine.
Ces réutilisations éditoriales montrent comment les images de cette série continuent à documenter, plusieurs années après leur réalisation, des sujets liés à l’immigration, au travail et aux parcours d’intégration.
Vous pouvez retrouver une sélection de ces parutions dans mes publications dans la presse.
Réalisée à Paris, Lille et Chartres, cette série documentaire associe migration, réfugiés, insertion professionnelle, travail, lien social, apiculture et biodiversité.
Elle montre comment le travail autour des ruches peut devenir, dans le cadre du programme documenté, un support de formation, d’autonomie, de transmission et de rencontre.
Ce reportage fait partie de mon portfolio documentaire et de mes reportages consacrés aux questions de société.
Pour une publication, une recherche iconographique ou une collaboration éditoriale consacrée aux migrations, à l’intégration, au travail, à l’insertion ou à l’apiculture, vous pouvez me contacter directement.
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