Tempête au port d’Essaouira – Série de photos

En octobre 2019, au port de pêche d’Essaouira, sur la côte atlantique du Maroc, j’ai photographié les pêcheurs confrontés à l’annonce d’une forte dégradation des conditions météorologiques. Les derniers bateaux regagnent le port, les sorties en mer sont interrompues et les équipages doivent adapter leurs activités.

Cette série de 29 photographies documentaires montre ce qui se passe lorsque les marins ne peuvent plus partir pêcher : entretien des embarcations, réparation des filets, vente du poisson, préparation du matériel et attente d’une amélioration des conditions de mer.

Je suis Guy Leroy, photojournaliste indépendant basé à Lille et membre du Collectif DR. À Essaouira, mon reportage s’intéresse aux personnes qui travaillent dans le port, à leurs gestes professionnels et aux conséquences concrètes d’une interruption temporaire de la pêche.

Essaouira : un port de pêche marocain face à une tempête annoncée

Situé sur la côte atlantique du Maroc, dans la région de Marrakech-Safi, le port d’Essaouira constitue un lieu important de l’activité économique et maritime locale.

La pêche y mobilise différentes catégories de professionnels : marins, patrons de pêche, mécaniciens, vendeurs de poisson et personnes chargées de l’entretien des embarcations et du matériel.

Le port accueille notamment des floukas, barques traditionnelles utilisées pour la pêche côtière, ainsi que des bateaux de pêche de plus grande taille.

Octobre 2019 : les derniers bateaux rentrent au port

À l’approche du mauvais temps, les derniers bateaux regagnent le port d’Essaouira. Les embarcations se regroupent à l’abri et les quais changent progressivement d’activité.

Une photographie montre les bateaux nombreux dans le bassin portuaire, tandis que les quais apparaissent peu fréquentés.

Les sorties en mer étant interrompues, les équipages doivent attendre une amélioration des conditions météorologiques.

Selon les informations recueillies alors auprès de la capitainerie et rapportées dans les légendes du reportage, la reprise de la pêche n’était pas envisagée avant environ cinq jours.

Cette immobilisation modifie l’organisation du travail et les possibilités de vente du poisson pendant la période concernée.

Les pêcheurs d’Essaouira entretiennent leurs bateaux à quai

Lorsque les conditions de mer empêchent les sorties, une partie du travail habituellement moins visible prend davantage de place.

Les pêcheurs profitent de cette interruption pour entretenir les embarcations, réparer les filets et préparer le matériel nécessaire aux prochaines sorties.

Réparation et peinture des floukas traditionnelles

Plusieurs photographies montrent les floukas sorties de l’eau, retournées et entretenues sur les quais du port d’Essaouira.

Les pêcheurs nettoient les coques, effectuent des réparations et repeignent les embarcations.

Ces gestes rappellent qu’une partie importante du métier de pêcheur se déroule à terre. L’entretien des bateaux contribue à leur fonctionnement et à la préparation des futures campagnes de pêche.

Les photographies documentent les hommes au travail, les outils, les coques retournées et les barques disposées dans l’environnement du port.

Vérification et réparation des filets de pêche

Une autre séquence est consacrée aux filets déroulés sur les quais.

Les pêcheurs examinent les mailles pour repérer les déchirures et procéder aux réparations nécessaires.

Le travail exige de la précision et du temps. Il permet de préparer les équipements avant le retour des bateaux en mer.

Ces gestes constituent un sujet important de mon reportage : ils montrent les compétences professionnelles des marins, au-delà des seules opérations de capture du poisson.

Vente du poisson à Essaouira : une activité perturbée par la météo

La suspension des sorties en mer a également des conséquences sur la commercialisation du poisson.

Pendant mon reportage, les pêcheurs disposent d’une quantité réduite de produits à proposer à la vente et l’organisation habituelle du port se trouve modifiée.

Une vente directe alors que la criée est fermée

Plusieurs photographies montrent des pêcheurs vendant du poisson directement aux acheteurs dans le port.

Au cours de cette période, la criée est fermée et certains poissons sont préparés et proposés à la vente sur place.

Une photographie montre notamment le poisson disposé en caisse, tandis que d’autres images présentent les vendeurs et leurs étals.

Ces scènes documentent une adaptation temporaire des circuits de vente, dans un contexte où les sorties de pêche sont suspendues.

Sardines, pageots, merlus et espadon

La galerie présente plusieurs espèces de poissons commercialisées à Essaouira, parmi lesquelles les sardines, pageots, merlus, sars, mulets, soles, dorades et espadons.

Une photographie montre notamment un espadon, tandis que d’autres documentent la préparation et la présentation du poisson.

La diversité des espèces rappelle les différentes activités de pêche pratiquées à partir du port d’Essaouira.

Au moment de mon passage, la diminution des arrivages entraîne une raréfaction du poisson disponible à la vente, situation signalée dans les légendes du reportage.

Abdul, mécanicien-chef : les conditions de travail des marins pêcheurs

Au port d’Essaouira, j’ai rencontré Abdul, mécanicien-chef d’un chalutier.

Alors qu’il découpe un poisson, il m’explique certaines modalités de rémunération des marins de son équipage.

Selon son témoignage recueilli pendant le reportage, les marins travaillent par périodes de plusieurs mois et peuvent recevoir des acomptes après les sorties en mer, avant le règlement de leur rémunération.

Abdul évoque notamment des acomptes d’environ 50 euros après certaines sorties.

Ce témoignage apporte une dimension économique et sociale à la série. Il montre que l’activité des pêcheurs ne dépend pas uniquement de la capture du poisson, mais également de l’organisation des équipages et de leur rémunération.

Ces modalités, rapportées par Abdul en 2019, décrivent une situation particulière et ne doivent pas être généralisées à l’ensemble des marins pêcheurs marocains.

Un chalutier presque vide pendant l’arrêt de la pêche

Une photographie montre également un chalutier sur lequel seuls quatre hommes sont présents au moment de la prise de vue.

Selon les informations recueillies pour cette image, l’équipage habituel compte une trentaine de personnes, comprenant notamment le capitaine, les mécaniciens et les marins.

La présence réduite de personnel à bord illustre l’interruption des activités habituelles du bateau pendant cette période de mauvais temps.

Le navire devient temporairement un espace d’attente et de préparation plutôt qu’un outil de pêche en activité.

Attendre l’accalmie : la vie quotidienne des marins à Essaouira

L’interruption des sorties ne signifie pas que toute activité disparaît du port.

Certains marins rentrent chez eux, tandis que d’autres restent sur les bateaux ou sur les quais, occupés à l’entretien du matériel ou à des activités quotidiennes.

Jeux de dames, linge et moments d’attente

Plusieurs photographies montrent les moments de pause des marins pendant l’immobilisation des bateaux.

Des pêcheurs jouent aux dames. Ailleurs, du linge sèche sur les mâts des embarcations.

Ces scènes apportent une dimension humaine au reportage. Elles montrent les hommes dans des situations ordinaires, entre travail, repos et attente de la reprise de la pêche.

Photographier ces moments permet de documenter la vie du port sans se limiter à ses activités économiques.

Les vendeurs ambulants restent présents sur les quais

Une photographie montre également un vendeur ambulant proposant des biscuits aux marins.

Cette activité commerciale se poursuit malgré le ralentissement des sorties en mer.

Le port demeure un lieu de rencontres et de petits échanges, même lorsque les bateaux restent immobilisés.

Photographier les conséquences du mauvais temps sur le travail maritime

Dans ce reportage, la tempête annoncée constitue le contexte, mais ce ne sont pas les phénomènes météorologiques spectaculaires qui forment mon sujet principal.

Je m’intéresse à ce que l’interruption de la pêche change dans le travail des marins.

Les barques retournées pour être réparées, les filets vérifiés, le poisson vendu directement, les hommes présents à bord des chalutiers et les moments d’attente constituent les différentes étapes d’un même récit.

En photographiant ces situations, je cherche à montrer que le métier de pêcheur ne se limite pas aux sorties en mer. Il comprend également l’entretien des équipements, la préparation des bateaux, la vente des captures et l’organisation du travail à terre.

Mon approche documentaire repose sur l’observation des personnes dans leur environnement professionnel, sur les échanges avec les travailleurs et sur la contextualisation des situations photographiées.

Cette série réalisée au port d’Essaouira en octobre 2019 s’inscrit dans mon travail de photojournalisme sur les activités humaines, l’environnement et les territoires exposés aux contraintes naturelles.

Essaouira : un reportage sur la pêche, le travail et le littoral marocain

Ces 29 photographies du port d’Essaouira documentent un épisode de perturbation météorologique à travers ses conséquences sur les pêcheurs, les bateaux et l’activité portuaire.

La série comprend des scènes de travail, des portraits, des échanges commerciaux et des moments de vie quotidienne.

Elle constitue un témoignage sur les relations entre les professionnels de la pêche, leurs outils de travail et les conditions de mer auxquelles ils doivent s’adapter.

Autres reportages documentaires au Maroc et sur les activités humaines

Cette série fait partie de mes chroniques photographiques Instants, consacrées aux scènes de vie, aux rencontres et aux activités observées sur le terrain.

Elle complète mon reportage en immersion auprès d’une famille amazighe à Bizdad, dans la province d’Essaouira, réalisé en janvier 2020 et consacré à la vie rurale, à l’agriculture et à l’apiculture.

Ces deux séries présentent des activités humaines différentes dans une même région du Maroc : la pêche maritime sur la côte atlantique et l’agriculture dans l’arrière-pays d’Essaouira.

Mon travail sur les professionnels de la mer peut également être rapproché de mon ensemble de reportages photographiques consacrés à la société et à l’environnement.

Vous pouvez consulter d’autres photographies dans mon portfolio documentaire.

Pour une publication dans la presse, une recherche iconographique ou un projet éditorial consacré à Essaouira, à la pêche artisanale, au travail maritime ou aux effets des conditions météorologiques sur les activités humaines, vous pouvez me contacter directement.

29

Photographies