Portrait journalistique d‘un joueur d’échec de la rue

À la Vieille Bourse de Lille, les parties d’échecs organisées dans la cour intérieure font partie de la vie quotidienne du lieu. Habitants, joueurs réguliers et passants s’y rencontrent autour des échiquiers installés au pied du monument.

En 2018, j’y ai photographié Mario, l’un des joueurs habituels. Cette série en noir et blanc constitue un court portrait documentaire réalisé dans l’espace public lillois.

Mario, un habitué des parties d’échecs

Mario était régulièrement présent parmi les joueurs de la Vieille Bourse.

Les parties attiraient les passants et créaient autour de l’échiquier un espace de rencontre où se mêlaient observation, compétition et échanges entre habitués.

Je l’ai photographié à plusieurs reprises au cours de l’année 2018, concentré sur ses parties et au contact des autres joueurs.

Une rencontre en septembre 2018

En septembre 2018, je retrouve Mario assis au sol près de la Vieille Bourse.

Au cours de notre échange, il me raconte une partie de son parcours personnel. Il explique avoir quitté la Moldavie en 1993 avec sa famille et évoque les difficultés rencontrées depuis son arrivée en France.

Ce témoignage donne une autre dimension aux photographies réalisées jusque-là autour des parties d’échecs : derrière le joueur familier de la Vieille Bourse apparaît une trajectoire individuelle marquée par l’exil et la précarité.

Photographier une trajectoire dans l’espace public

Ce court reportage ne cherche pas à résumer la vie de Mario.

Il documente une rencontre et un personnage régulièrement présent dans un lieu emblématique de Lille, à travers une série de photographies réalisées dans son environnement habituel.

Le jeu d’échecs devient ici le point de rencontre entre photographie de rue, portrait documentaire et observation sociale.

Après la pandémie de Covid-19

La pandémie de Covid-19 a interrompu une partie des usages habituels de l’espace public.

Après cette période, Mario n’est plus réapparu parmi les joueurs de la Vieille Bourse. Les habitués rencontrés sur place n’avaient pas de nouvelles de lui.

Cette absence donne aujourd’hui à la série une valeur supplémentaire : celle d’un document sur un personnage qui faisait partie du quotidien de ce lieu à la fin des années 2010.

Une série entre street photography et portrait documentaire

Ce travail s’inscrit dans mes séries consacrées à la vie quotidienne à Lille et à l’observation des usages de l’espace public.

Il prolonge mon travail de street photography et mes chroniques photographiques Instants.

Une sélection plus large de mon travail est également visible dans mon portfolio documentaire.

Pour une recherche iconographique, une publication ou une collaboration éditoriale, vous pouvez me contacter directement.

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Photographies