Souvenirs d’Éthiopie – Etude documentaire

Une série documentaire en noir et blanc en Éthiopie

Dans le nord de l’Éthiopie, entre Lalibela et la dépression du Danakil, j’ai réalisé une série de photographies en noir et blanc consacrée aux pratiques religieuses, aux activités humaines et aux relations entre les populations et leur environnement.

Ce travail documentaire réunit trois territoires et trois réalités : les prêtres et les fidèles des églises orthodoxes de Lalibela, l’environnement volcanique de l’Erta Ale et les travailleurs afar qui extraient et transportent le sel dans le désert du Danakil.

Je suis Guy Leroy, photojournaliste indépendant basé à Lille et membre du Collectif DR. À travers cette série, je m’intéresse aux personnes rencontrées, à leurs gestes, à leurs activités et aux conditions dans lesquelles elles vivent ou travaillent.

Les photographies montrent notamment des prêtres en prière à Lalibela, des travailleurs découpant des plaques de sel, des échanges avec les hommes qui participent à cette activité et des caravanes de chameaux assurant leur transport.

Lalibela : les églises rupestres et la vie religieuse en Éthiopie

Située dans la région Amhara, dans le nord de l’Éthiopie, Lalibela constitue l’un des grands centres spirituels du christianisme orthodoxe éthiopien.

La ville est célèbre pour ses onze églises médiévales creusées et taillées directement dans la roche, dont la construction est principalement attribuée aux XIIe et XIIIe siècles, sous le règne du roi Lalibela.

Cet ensemble religieux est inscrit depuis 1978 sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il demeure aujourd’hui un lieu de pèlerinage et de culte pour les fidèles de l’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo.

Les caractéristiques architecturales, historiques et religieuses du site sont décrites par le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO consacré aux églises de Lalibela.

Prêtres orthodoxes, prières et pratiques religieuses

À Lalibela, mon travail photographique s’attache aux personnes qui fréquentent et font vivre les églises.

J’ai notamment photographié des prêtres orthodoxes en prière, dans un environnement où l’architecture médiévale conserve sa fonction religieuse.

Ce sont les pratiques contemporaines qui m’intéressent : la présence des prêtres, les gestes de dévotion, les vêtements religieux et les relations entre les fidèles et ces lieux de culte.

Lalibela n’est pas uniquement un ensemble de monuments historiques. C’est aussi un lieu de spiritualité vivant, où les pratiques religieuses se poursuivent dans des édifices vieux de plusieurs siècles.

Photographier les églises monolithiques en noir et blanc

La photographie en noir et blanc permet de travailler sur les contrastes entre la roche, les vêtements, les visages et la lumière.

Je privilégie les situations humaines à la seule représentation architecturale. Les églises constituent le cadre d’activités et de pratiques religieuses qui donnent aux photographies leur dimension documentaire.

Cette approche associe patrimoine religieux, architecture médiévale et observation de la vie quotidienne.

La dépression du Danakil : volcanisme, désert et activités humaines

Après Lalibela, je poursuis mon voyage dans la dépression du Danakil, au nord-est de l’Éthiopie, principalement située dans la région Afar.

Cette région, qui appartient au système géologique du rift est-africain, présente des paysages marqués par l’activité volcanique, les dépôts de sel et des conditions climatiques particulièrement arides.

Le Danakil est également un territoire habité et parcouru par des populations afar, dont certaines activités sont liées à l’élevage, au commerce et à l’exploitation du sel.

Mon reportage associe les paysages minéraux aux personnes qui travaillent dans cet environnement. Il ne s’agit pas seulement de photographier un désert spectaculaire, mais de comprendre les activités humaines qui s’y déroulent.

Erta Ale : documenter un volcan actif dans le Danakil

L’Erta Ale est un volcan basaltique actif situé dans la région Afar, au sein de la dépression du Danakil.

Il constitue une étape de mon parcours photographique consacré aux paysages volcaniques et aux conditions de déplacement dans des environnements isolés.

L’approche du volcan et les contraintes du terrain

L’accès à l’Erta Ale nécessite une organisation adaptée aux conditions locales : déplacements sur des pistes désertiques, progression à pied, températures élevées et prise en compte de l’activité volcanique.

Mon objectif est de documenter l’environnement minéral, les conditions de progression et les personnes participant à l’organisation de cette étape.

La photographie de terrain permet de montrer les contraintes réelles de l’accès au volcan, au-delà de la seule représentation de son activité.

Deux terrains volcaniques : l’Erta Ale et le Dukono

Ce travail peut être rapproché de mon reportage sur le volcan Dukono, dans l’archipel des Moluques en Indonésie.

Ces deux terrains présentent des contextes géographiques différents, mais confrontent le photographe aux contraintes des milieux volcaniques actifs : accès, sécurité, conditions de lumière et évolution de l’activité géologique.

Ils s’inscrivent dans mon travail documentaire consacré à l’environnement et aux relations entre les personnes et les territoires qu’elles parcourent.

Lac Assalé : les travailleurs du sel dans le désert du Danakil

Le volet humain le plus important de cette série concerne les travailleurs du sel et les chameliers afar rencontrés autour du lac Assalé, également appelé lac Karum, dans la dépression du Danakil.

Dans cette région du nord-est de l’Éthiopie, l’exploitation des dépôts salins constitue une activité ancienne. Le sel est extrait de la surface, découpé en blocs, chargé puis transporté vers les lieux de commercialisation.

J’ai photographié les hommes au travail, la découpe des plaques de sel, les caravanes de chameaux et les échanges avec les travailleurs.

Extraire et découper les plaques de sel

L’extraction du sel repose notamment sur un travail manuel de découpe des dépôts salins.

Une de mes photographies montre un travailleur afar occupé à tailler des plaques de sel. La scène met en évidence l’importance des gestes professionnels et des outils utilisés pour obtenir des blocs transportables.

Ces gestes constituent un savoir-faire lié aux caractéristiques du territoire et aux pratiques locales d’exploitation.

Dans cette série, je cherche à montrer le travail lui-même : les personnes, leurs mouvements, leurs outils et les différentes étapes de la préparation du sel.

Les caravanes de chameaux et le transport du sel

Le transport constitue une autre dimension importante de cette activité.

J’ai photographié une caravane de chameaux transportant des plaques de sel dans le désert du Danakil.

Cette scène permet de comprendre l’organisation traditionnelle du transport dans un environnement où les distances, la chaleur et les conditions de circulation représentent des contraintes importantes.

Les animaux, les charges et les chameliers forment un ensemble de travail dont la photographie permet de documenter l’organisation et les déplacements.

Rencontrer et photographier les travailleurs afar

Au lac Assalé, j’ai également photographié des moments de rencontre et de dialogue avec les travailleurs du sel.

Ces échanges constituent une partie essentielle de ma démarche de photojournaliste. Ils permettent d’aborder les personnes autrement que par la seule difficulté physique de leur activité.

Mon attention porte sur les gestes, les relations entre travailleurs, les conditions de travail et les liens qu’ils entretiennent avec leur territoire.

Ces photographies ne cherchent pas à réduire les populations afar à un environnement hostile ou à des traditions figées. Elles montrent des personnes engagées dans une activité économique, avec leurs connaissances, leurs pratiques professionnelles et leur organisation.

Les Afars et les transformations du travail du sel

Les Afars sont une population de la Corne de l’Afrique présente principalement en Éthiopie, mais aussi à Djibouti et en Érythrée.

Dans la dépression du Danakil, certaines communautés pratiquent l’élevage et participent à différentes activités économiques, dont l’extraction et le transport du sel.

L’organisation de ces activités est susceptible d’évoluer sous l’effet des infrastructures de transport, de la mécanisation, des conditions économiques et des transformations régionales.

Les photographies réalisées autour du lac Assalé constituent une première observation de ce travail et de son organisation.

Je souhaitais prolonger cette série par un reportage plus approfondi auprès des travailleurs du sel, afin de documenter leurs parcours, leurs conditions de travail et les évolutions de leur activité.

Un tel reportage nécessiterait de retrouver les mêmes personnes, de suivre les différentes étapes de l’exploitation et de recueillir leurs témoignages sur les changements qu’elles observent.

Un reportage en Éthiopie interrompu par la pandémie et les conflits

Ce premier travail devait être prolongé par une nouvelle période d’immersion dans le Danakil, auprès des travailleurs afar et des chameliers.

La pandémie de Covid-19 en 2020 a d’abord interrompu les déplacements internationaux et les possibilités de reportage.

La guerre dans le Tigré, déclenchée en novembre 2020, a ensuite profondément dégradé la sécurité dans le nord de l’Éthiopie. Malgré l’accord de cessation des hostilités de novembre 2022, les tensions et les violences n’ont pas disparu de la région.

Octobre 2026 : de nouvelles tensions dans le nord de l’Éthiopie

En octobre 2026, de nouveaux affrontements dans le Tigré et une aggravation des tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée confirment la fragilité de la situation sécuritaire régionale.

Ces développements sont notamment documentés par Reuters dans son reportage du 5 octobre 2026 sur les affrontements dans le nord de l’Éthiopie.

La reprise d’un travail photographique de longue durée demeure conditionnée à l’évolution de la sécurité, aux possibilités d’accès au terrain et aux conditions de déplacement auprès des communautés concernées.

Photographier l’Éthiopie en noir et blanc : mon approche documentaire

Cette série photographique associe trois sujets différents : la vie religieuse à Lalibela, le volcanisme dans la dépression du Danakil et le travail du sel des populations afar.

Elle constitue une première étape dans la documentation des relations entre les personnes, leurs activités et leur environnement.

Le noir et blanc me permet de concentrer le regard sur les gestes, les visages, les matières et les contrastes. Mais le choix esthétique reste au service de l’information et des situations photographiées.

À Lalibela, je photographie des prêtres en prière dans un site religieux toujours actif. Dans le Danakil, je m’intéresse aux personnes qui extraient, découpent, chargent et transportent le sel.

Ces photographies s’inscrivent dans ma démarche de photojournalisme documentaire consacré aux questions de société, à l’environnement et aux activités humaines, en France et à l’étranger.

Autres reportages photographiques de Guy Leroy

Cette série en noir et blanc fait partie de mes chroniques photographiques Instants, consacrées aux rencontres, aux scènes de vie et aux observations de terrain.

Elle complète mes reportages documentaires sur les questions de société et d’environnement, ainsi que mon portfolio photographique.

Le travail réalisé au Danakil peut également être rapproché de mon reportage photographique sur le volcan Dukono en Indonésie, autre terrain d’observation du volcanisme actif.

Je souhaite poursuivre ce travail auprès des travailleurs du sel lorsque les conditions d’accès et de sécurité le permettront.

Pour une publication dans la presse, une recherche iconographique ou un projet documentaire consacré à l’Éthiopie, à Lalibela, aux Afars, au Danakil, au volcanisme ou au travail du sel, vous pouvez me contacter directement.

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