Indonésie, l’assaut du volcan Dukono – Témoignage photographique
En mars 2019, sur l’île d’Halmahera, dans l’archipel des Moluques du Nord en Indonésie, j’ai accompagné une mission de reconnaissance organisée par l’agence Aventure et Volcans sur le volcan Dukono, l’un des volcans les plus actifs du pays.
L’expédition est conduite par Mathieu, spécialiste du volcanisme pour Aventure et Volcans, accompagné de deux guides locaux et de trois porteurs. Son objectif est d’étudier les conditions d’accès au volcan, d’observer son activité explosive et d’évaluer les risques et les moyens logistiques nécessaires à de futures expéditions.
À travers 23 photographies en couleur, je documente la préparation à Tobelo, le travail des guides et des porteurs, la progression dans la forêt, les bivouacs, les explosions volcaniques et la décision de redescendre lorsque les projections deviennent dangereuses.
Je suis Guy Leroy, photojournaliste indépendant basé à Lille et membre du Collectif DR. Ce reportage raconte une expérience de terrain dans un environnement volcanique actif, en privilégiant les personnes, les décisions et les conditions réelles de l’expédition.
Le volcan Dukono, sur l’île d’Halmahera en Indonésie
Le Dukono est un complexe volcanique actif situé dans le nord de l’île d’Halmahera, dans la province des Moluques du Nord, en Indonésie.
Il appartient à l’arc volcanique d’Halmahera, une région marquée par l’activité tectonique et volcanique liée à la convergence des plaques.
Selon le Global Volcanism Program du Smithsonian Institution, le Dukono connaît une activité éruptive presque continue depuis 1933, caractérisée notamment par des explosions et des émissions de cendres volcaniques.
Cette activité est décrite dans la fiche scientifique du volcan Dukono publiée par le Smithsonian Global Volcanism Program.
La persistance de ces manifestations éruptives fait du Dukono un terrain d’observation volcanologique, mais aussi un environnement soumis à des risques importants : explosions, projections de matériaux, émissions de cendres et de gaz.
Mars 2019 : une mission de reconnaissance organisée par Aventure et Volcans
En mars 2019, l’agence Aventure et Volcans organise une reconnaissance sur le Dukono afin d’évaluer les conditions pratiques et les dangers d’une approche de sa zone sommitale.
Mathieu, spécialiste du volcanisme pour l’agence, dirige les observations et participe à l’organisation de la progression.
La mission poursuit plusieurs objectifs : identifier les itinéraires possibles, examiner les conditions d’ascension, évaluer les risques liés aux explosions, vérifier les moyens logistiques disponibles et apprécier l’expérience des guides locaux.
Les informations recueillies doivent permettre à l’agence de préparer de futures expéditions dans cette région volcanique, notamment sur le Dukono et vers le volcan Ibu, également situé sur Halmahera.
Tobelo : les derniers préparatifs avant l’ascension
L’expédition débute à Tobelo, ville du nord de l’île d’Halmahera, où l’équipe effectue les derniers préparatifs.
Une photographie montre l’hébergement chez l’habitant. D’autres documentent les discussions sur les accès possibles au volcan et l’organisation de la progression.
C’est également à Tobelo que Mathieu rencontre Robby, l’un des guides locaux.
Robby explique que l’accès au sommet nécessite de tracer une partie du passage à la machette, en progressant directement dans la pente. Il estime alors à environ sept heures l’effort nécessaire pour rejoindre la zone prévue.
Cette première étape met en évidence le rôle des connaissances locales dans la préparation de l’expédition.
La station de surveillance volcanologique du Dukono
Avant de commencer l’ascension, l’équipe se rend à la station de surveillance du volcan Dukono.
Une photographie montre cette étape de préparation, consacrée à l’examen des informations disponibles sur l’activité volcanique.
La surveillance d’un volcan actif repose notamment sur l’enregistrement de la sismicité, l’observation des émissions et, selon les équipements disponibles, le suivi de différents paramètres géophysiques et géochimiques.
Les données recueillies doivent aider à comprendre l’évolution de l’activité et les risques potentiels.
Au cours de cette visite, Mathieu exprime son inquiétude devant la situation observée. Cette préoccupation accompagnera les décisions prises pendant la progression.
Guides, porteurs et chauffeur : les personnes qui rendent l’expédition possible
L’accès au Dukono nécessite une organisation qui repose sur plusieurs intervenants.
Outre Mathieu, deux guides locaux et trois porteurs participent à l’expédition. Ils contribuent au choix de l’itinéraire, au transport du matériel, à la progression et à l’installation des bivouacs.
Jimmy assure l’approche du volcan en véhicule tout-terrain
Une photographie montre Jimmy, le chauffeur de l’équipe, conduisant un véhicule tout-terrain vers le pied du Dukono.
Cette première partie du déplacement permet d’acheminer les participants et leurs équipements avant la progression à pied.
Le rôle des guides et des porteurs pendant l’ascension
Les guides connaissent les difficultés d’accès et participent aux décisions concernant la progression. Les porteurs transportent le matériel nécessaire au bivouac et aux observations.
Leur travail est essentiel dans un environnement où le relief, la végétation, l’humidité et la chaleur compliquent les déplacements.
Mon reportage montre leur participation à l’expédition, depuis les préparatifs jusqu’au démontage du camp et au retour.
Ces photographies rappellent qu’une mission de terrain ne repose pas uniquement sur les compétences de l’expert qui la dirige, mais également sur celles des personnes chargées de son organisation et de sa logistique.
L’ascension du Dukono : forêt, chaleur et pentes difficiles
Après l’approche en véhicule, l’équipe poursuit sa progression à pied en direction du volcan.
Le terrain est irrégulier et glissant. Dans le dernier tiers de l’ascension, certaines pentes atteignent, selon les observations rapportées dans le reportage, une inclinaison estimée à 60 %.
La chaleur, l’humidité et la fatigue compliquent la marche. Plusieurs arrêts sont nécessaires pour se ravitailler et récupérer.
Une progression éprouvante jusqu’au camp de base
Les photographies montrent les membres de l’équipe avançant dans la végétation et s’arrêtant au cours de l’ascension.
Les efforts s’accumulent et les conditions du terrain imposent d’adapter le rythme de progression.
Au cours de cette étape, les participants doivent composer avec la fatigue, les difficultés de déplacement et l’incertitude sur les conditions qu’ils rencontreront près du cratère.
Un bivouac rudimentaire dans la caldeira
L’équipe installe un bivouac dans la caldeira du Dukono, dans un environnement marqué par la proximité de l’activité volcanique.
Une photographie montre les tentes et le campement. Le volcan est alors partiellement dissimulé par les nuages, tandis que ses grondements restent perceptibles.
Le bivouac constitue une étape essentielle pour organiser l’approche finale et observer l’évolution de l’activité.
Le campement est sommaire et les conditions de repos limitées par l’environnement.
Deux heures du matin : l’approche du cratère actif
À 2 h du matin, l’équipe entame la dernière partie de l’ascension en direction du cône actif.
Environ trois heures de progression à travers les champs de lave sont nécessaires pour rejoindre la zone d’observation.
Cette étape nocturne place les participants à proximité directe de l’activité explosive du Dukono.
Mathieu s’interroge sur les risques de l’approche
Au cours de la progression, l’intensité apparente de l’activité volcanique suscite des inquiétudes.
Mathieu interroge David, l’un des guides, sur la possibilité de renoncer à poursuivre l’approche du cratère.
Cette discussion, rapportée dans les légendes du reportage, montre que la décision de continuer ne va pas de soi.
L’équipe doit tenir compte des observations réalisées, des conditions de progression et des conséquences possibles d’une explosion à proximité.
Cette incertitude constitue un moment important du récit photographique : l’objectif de la mission reste l’observation du volcan, mais la sécurité impose de réévaluer constamment les choix.
Photographier les explosions et les émissions de cendres du Dukono
À proximité du cratère, l’équipe observe directement les manifestations explosives du volcan.
Les photographies montrent les explosions, les projections de matériaux incandescents, les émissions de cendres et le dégazage.
La nuit rend certaines projections particulièrement visibles. Les explosions se succèdent et les nuages de cendres accompagnent les émissions du volcan.
Les contraintes photographiques au voisinage du cratère
Photographier dans un environnement volcanique actif expose les équipements à plusieurs contraintes.
La chaleur et l’humidité affectent le matériel, tandis que les particules de cendres peuvent pénétrer dans les mécanismes et endommager les objectifs, les boîtiers et les caméras.
Les émissions de gaz et les cendres présentent également des risques pour les personnes, notamment pour les voies respiratoires et les yeux.
Au Dukono, je dois tenir compte de ces conditions tout en suivant les déplacements de l’équipe et en photographiant les manifestations du volcan.
Le reportage montre ainsi les difficultés concrètes du travail photographique dans un environnement volcanique, sans présenter l’approche du cratère comme une activité dépourvue de danger.
Au lever du jour, l’activité explosive reste soutenue
Après les observations nocturnes, la lumière du jour permet de photographier autrement le cratère et les émissions du volcan.
Une photographie montre la zone sommitale au lever du jour, à la fin de la période d’observation.
La série comprend également des images consacrées au dégazage et aux explosions successives.
Projections de roches incandescentes : la décision de redescendre
Au cours de l’observation, les explosions deviennent suffisamment préoccupantes pour conduire l’équipe à interrompre l’approche.
Selon le témoignage de Mathieu rapporté dans la galerie, des roches incandescentes retombent à proximité des participants.
Il estime alors nécessaire de redescendre rapidement.
Cette décision constitue un moment décisif de la mission. L’observation volcanologique doit rester compatible avec les possibilités de repli et la protection des personnes.
Le démontage du camp et le retour vers Tobelo
Après la décision de repli, les guides et les porteurs participent au démontage des tentes et au rangement du matériel.
Les photographies montrent la préparation du retour et les membres de l’équipe quittant le secteur du volcan.
L’expédition rejoint finalement la zone habitée après avoir effectué ses observations.
La mission a permis à Mathieu de recueillir des informations sur l’itinéraire, la logistique et les conditions rencontrées au voisinage du cratère. Ces observations constituent des éléments de reconnaissance pour l’agence Aventure et Volcans.
Le Dukono en 2019 : un témoignage photographique sur les risques volcaniques
Cette série documente une expédition réalisée en mars 2019 sur le volcan Dukono, dans les Moluques du Nord en Indonésie.
Elle associe trois dimensions : l’activité explosive d’un volcan, le travail des personnes qui organisent son approche et les décisions prises devant les risques du terrain.
Les photographies ne montrent pas seulement les explosions. Elles suivent une progression : préparation à Tobelo, visite de la station de surveillance, rencontre avec les guides, marche, bivouac, observation du cratère et retour.
Le reportage constitue un document historique sur les conditions rencontrées par cette équipe en 2019. Il ne décrit pas les règles d’accès ni les conditions de sécurité actuelles du Dukono, qui doivent être appréciées à partir des informations officielles indonésiennes en vigueur.
Mon approche de photojournaliste en environnement volcanique
Dans cette expédition, mon objectif est de documenter les personnes, les contraintes du terrain et le déroulement réel d’une mission sur un volcan actif.
Je photographie Mathieu, les guides, les porteurs, les préparatifs, les moments de fatigue, le campement et l’activité du cratère.
Ce travail nécessite de suivre l’équipe pendant les déplacements et de conserver une capacité d’observation dans des conditions de lumière, de température et de sécurité difficiles.
Les 23 photographies en couleur réunies dans cette série racontent ainsi une expérience collective, organisée autour d’un objectif précis, mais constamment soumise aux réalités du terrain.
Cette démarche s’inscrit dans mon travail de photojournaliste consacré aux activités humaines, à l’environnement, aux phénomènes naturels et aux territoires.
Autres reportages photographiques sur l’Indonésie et les environnements extrêmes
Ce reportage complète mon travail photographique consacré à l’archipel des Moluques en Indonésie, où se situe l’île d’Halmahera.
Il peut également être rapproché de ma série documentaire réalisée dans la dépression du Danakil, en Éthiopie, qui comprend notamment l’approche du volcan Erta Ale et des photographies consacrées aux travailleurs du sel afar.
Ces terrains présentent des situations différentes, mais posent des questions communes : accès, activité volcanique, contraintes environnementales et sécurité des personnes.
La relation entre activité professionnelle et phénomène naturel est également abordée dans mon reportage sur les pêcheurs immobilisés par le mauvais temps au port d’Essaouira, au Maroc.
Cette série sur le Dukono fait partie de mes chroniques photographiques Instants et complète mes reportages documentaires consacrés à la société et à l’environnement.
Une sélection plus large de mon travail est présentée dans mon portfolio de photojournaliste.
Pour une publication dans la presse, une recherche iconographique ou un projet éditorial consacré au volcan Dukono, à l’Indonésie, au volcanisme, aux risques naturels ou aux expéditions scientifiques et de reconnaissance, vous pouvez me contacter directement.
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